PHIL’O BOULOT DU 24 MARS 2016 : TRAVAIL ET SERVICE PUBLIC

TRAVAIL ET SERVICE PUBLIC

 

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Ce 24 mars 2016, Galilée.sp et Technologia ont organisé la quatrième édition du colloque « Phil’o boulot » afin de débattre sur le thème du « Travail et service public » avec Monique Castillo, philosophe et Françoise Dreyfus, professeur émérite de droit public.

Cette journée a été l’occasion :

  • de présenter l’ouvrage collectif « Où va la Fonction publique ? » réalisé par Galilée.sp et publié aux éditions Lavauzelle,

20160324_125141où va la fonction publique

  • d’inviter Monique Castillo à parler de son dernier livre « Faire renaissance …une éthique publique pour demain »,

Castillo et livre

  • d’entendre Françoise Dreyfus sur le thème « Le travail  des agents : personnels et usagers du service public »,

Françoise Dreyfus

  • et de proposer dans l’après-midi une activité de créativité animée par Paul Hubert des Mesnards, consultant en innovation et créativité, dans le cadre du « L.I.I. » (Laboratoire Incubateur d’Idées) créé au sein de Galilée.sp.

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Dans son introduction aux travaux de ce colloque, Jean-Claude Delgènes, Directeur de Technologia, a souligné que l’aventure « Phil’o boulot » continue à un moment où la défense de notre « édifice » social (sécurité sociale, système de santé, protection sociale…) est plus que jamais à l’ordre du jour. L’Homme au travail est fragile, fragilisé… Nous sommes des êtres faits de chair… et de cœur, et ces sessions de « Phil’o boulot » sont autant de moments de partage et d’amitié, en veillant à ce que l’humain soit toujours au cœur de nos réflexions et de nos actions.

Pierre Morville, l’un des initiateurs de « l’Observatoire du stress et des mobilités forcées », a animé ce colloque qui a rassemblé un public issu d’horizons très divers et permis des échanges « nourris » entre les intervenant(e)s et la salle.

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Catherine Gras « Où va la Fonction publique ? »

Après avoir divisé la salle en 3 groupes (fonctionnaires, usagers, ministres), Catherine Gras, Présidente de Galilée.sp, pour mieux illustrer le contenu du livre de Galilée.sp, a proposé un petit exercice « d’échauffement » interactif. Il s’agissait pour chacun des 3 groupes de faire part de son ressenti face à la question posée, qui est aussi le titre de l’ouvrage.

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On trouvera ci-après un « best-of » des réflexions suscitées par  ce test :

  1. Pour le groupe des fonctionnaires : On va dans le mauvais sens ! C’est une mutation vers l’inconnu…Il n’y a pas de repères. Des flottements sur les principes et valeurs. Moins d’humain(s). Si la mutation est nécessaire, alors, trouvons de nouveaux équilibres ! Essayons de mieux « dimensionner », d’épargner la santé des agents (souffrances), de « rassurer » (angoisses), d’aborder sereinement la mutation numérique, d’affronter le chaos !
  2. Pour le groupe des usagers : ils se sentent abandonnés. Ils ont du mal à établir une relation avec des interlocuteurs dotés de pouvoir(s). Problème du numérique qui ne peut pas toujours remplacer l’humain. Fermetures de services. Invisibilité, éloignement, de moins en moins d’humanité. Fracture numérique/fracture sociale. Problème d’inégalité d’accès, incompréhension du système.
  3. Pour les ministres : il faut plus de « collaboratif », plus de fluidité entre le public et le privé. Question sur la légitimité. Dégraissage du « mammouth ». impuissance et contraintes pour les ministres.

Après cet « exercice », Catherine Gras a rappelé les raisons de l’existence de ces colloques « Phil’o boulot » en insistant particulièrement sur le rôle de la philosophie qui est de questionner pour stimuler. La philosophie, c’est ce qui peut émerger derrière la question.

« Où va la Fonction publique ? » est un livre de témoignages, fondé sur des enquêtes, des interviews, des verbatim de décideurs, de fonctionnaires issus de 11 ministères différents. La méthode utilisée est celle de la  théorie des organisations de Berne , du nom d’Eric Berne, psychiatre, fondateur de l’analyse transactionnelle. François Vergonjeanne, coach, spécialiste de la TOB, a apporté son concours et son expertise pour la mise en forme des interviews et « verbatim »  qui sont mis en valeur dans son chapitre 10 intitulé « Ce que la théorie des organisations de Berne (TOB) nous révèle de la fonction publique ».  Citons également les autres auteurs : Isabelle Vitte-Blanchard, Gérard Bourgogne, Nicole Vardanega-Lachaud, Patrick Dugois, Laurence Fiessinger, Paul-Hubert des Mesnards, Evelyne Cohen-Lemoine, Bruno Morien, Gilles de Sars. La préface est signée Monique Castillo et Catherine Gras a rédigé l’avant-propos et le chapitre I « Agir avec engagement ».

Ainsi que le souligne Catherine Gras dans l’avant- propos de  cet ouvrage collectif « Nous avons accueilli les paroles et les idées. A plusieurs, nous avons observé ce qui était à l’œuvre. A partir de cette « matière humaine », nous vous rapportons (…) les pistes de travail que nous avons vu émerger et nous vous proposons un cadre créatif pour soutenir une vision qui vous permettra de créer l’administration co-active dont nous avons tous besoin » (p. 9).

Il s’agit d’agir sur 4 leviers :

  1. L’engagement : remettre la prise de décision et la responsabilité afférente au cœur du processus. Travailler en équipe dans la fonction publique, apprendre à gérer le stress
  2. La méthode (sur les possibles) : créativité, évaluation
  3. La nécessité : coaching interne « pour redonner la confiance et libérer la créativité collective, nécessaires à la renaissance indispensable des services publics» (p. 11)
  4. L’innovation.

Intervention de Monique Castillo : « Faire avec nos possibles plutôt que de pleurer avec nos impossibles ».

Monique Castillo, Professeur de philosophie à l’Université de Paris-Est/Créteil, était la seconde intervenante de cette matinée. Auteur de l’ouvrage « Faire renaissance …une éthique publique pour demain » (préface de Philippe Herzog, Editions Vrin, elle a également préfacé le livre de Galilée.sp en mettant l’accent sur les dimensions humaine et humaniste qu’il faut prendre en compte dans les mutations à l’œuvre au sein des fonctions publiques : « il faut de nouvelles manières de penser, des visions inventives et  des mobilisations personnalisées pour que le Corps commun de la République vive les changements comme des renaissances plutôt que comme de mornes résignations à l’interminable et laborieuse « modernisation » de l’Etat. (…) Lorsque des questions décisives se posent, les solutions techniques (budgétaires, juridiques, sociales, managériales…) ne suffisent pas : elles ont besoin d’être soutenues par des convictions, des engagements, du courage et de l’énergie » (p. 8).

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Dans le cadre de cette matinée de « Phil’o boulot », Monique Castillo avait pour tâche de traiter de « l’éthique publique et le travail », en veillant à donner du philosophe l’image d’une personne de « chair et de cœur » (cf. plus haut) en phase avec le réel, et expliquer le triple rapport que nous entretenons avec le travail :

  • Un rapport de caractère moral/ un engagement (ex : je veux être pompier pour telle et telle raison, je joue un rôle dans l’humanité…)
  • Un rapport social, exercice d’une compétence, rôle public être un morceau actif d’un édifice collectif, émergence de la confiance (« on nous fait confiance»)
  • Un rapport existentiel : nous attendons du travail de l’estime de soi, de la reconnaissance, de pouvoir développer nos propres talents. L’Humain est la « ressource » mise en avant alors même qu’on est confronté à une déshumanisation. Et ces deux dimensions contradictoires coexistent.

Monique Castillo s’interroge : avons-nous une vision trop technique, pas assez éthique du travail ? Notre rapport au travail a beaucoup changé : le taylorisme était de l’ordre du produit ; la valeur éthique du travail est augmentée et actuellement, le travail est de l’ordre du PROJET, ce qui demande une vision, une intelligence collective, une culture collective.

La dimension sociale du travail est-elle prise en compte ? Comment concevoir notre rapport à la compétence, à la confiance ? La compétence est trop souvent remplacée par l’impératif de performance. La compétence se renouvelle, la compétence professionnelle inclut la capacité de créer des relations humaines (la caissière carrefour vous dit bonjour…).

Le médecin ne fait pas que guérir les corps, il est aussi amené à RECONSTRUIRE, à reconstituer une capacité d’agir. Certaines fonctions considérées comme « subalternes » ont pourtant toute leur importance, par exemple une secrétaire d’accueil dans un service (hôpital, sécurité sociale….) orientera les usagers « paumés »…

Quid de la valorisation des compétences ? De la force créatrice ? Révélation de nos talents de l’un par l’autre. Nous nous formons les uns les autres, mais les collectifs de travail sont fragiles et fragilisés. On nous demande de plus en plus de créativité et d’inventivité. Cependant, il nous faut rester vigilants par rapport à leur exploitation en tant que ressource qui s’auto-régénère. Il y a une différence entre talent « exploité » et talent « mis en valeur ».

Dans ces processus, Monique Castillo, rappelle l’importance des rôles joués par l’entreprise, (le service) et le leader.

Si le leader opte pour un mode de gestion façon « jungle »  en développant la compétition entre salariés, il aboutira à un phénomène de concurrence exacerbée et finalement à un épuisement des employés placés sous son autorité.

Si la gestion se fait à la manière d’une « république », selon les aptitudes, alors on est capable de révéler à ses salariés leurs talents, de donner du sens à ce qu’ils font, voire de développer un sentiment de bonheur puisque l’on donne plus que ce que l’on attendait de nous. Les français ont encore une vision trop technicienne, économiste, mécaniste du travail.

Inspirons-nous des conceptions d’Amartya Sen, économiste indien, prix Nobel d’économie, sur « les capabilités » et nous verrons que dans notre rapport au travail, ce qui nous motive, ce n’est pas tant l’argent que l’amour, l’honneur, la gloire.

Dans sa conclusion, Monique Castillo, utilise le registre de la provocation en paraphrasant Cornélius Catoriadis : cessons d’être matérialistes, car c’est être irréaliste ! Elle cite à ce propos un extrait de « l’institution imaginaire de la société » : « L’humanité […] a eu faim de voitures et de télévision, elle a eu faim de pouvoir et faim de sainteté, elle a eu faim d’ascétisme et de débauche, elle a eu faim de mystique et faim de savoir rationnel, elle a eu faim d’amour et de fraternité mais aussi faim de ses propres cadavres, faim de fêtes et faim de tragédies, et maintenant il semble qu’elle commence à avoir faim de la Lune et de planètes. Il faut une bonne dose de crétinisme pour prétendre qu’elle s’est inventé toutes ces faims parce qu’elle n’arrivait pas à manger et à baiser suffisamment.» Cornelius Castoriadis, «L’institution imaginaire de la société» (Ed. Points Seuil, 1975, page 203). Pour Monique Castillo,

On a besoin de grandir, de faire grandir un projet, de grandir soi-même, de faire grandir une amitié. Il faut faire connaître nos créativités, notre inventivité. Montrer que nous sommes capables d’être interactifs, de créer des solidarités, de créer de la valeur volontairement, pour le plaisir. Rappelons-nous que nous sommes les réinventeurs quotidiens de notre propre travail !

Suite à ces deux premières interventions, la parole circule dans la salle. Jean-Claude Delgènes réagit aux propos de Monique Castillo et à sa vision idéalisée du travail et des mutations en cours.  Selon lui, le travail revêt deux dimensions : une dimension « œuvre » qui renvoie effectivement à la créativité, l’inventivité, l’épanouissement, mais aussi une dimension « laborans » qui relève de la pénibilité, voire de la souffrance au travail. Ce qui apparaît alors relève plus de l’aspect « aliénant » du travail (modes de communication électronique, laisse électronique, reporting, assèchement des collectifs de travail et autres méthodes de gestion) plus que de l’aspect « émancipation » ou épanouissement.

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Certains participants reviennent sur les destructions massives d’emplois dans les services publics et la fonction publique et pensent qu’il est difficile, voire impossible de concilier contraintes et créativité.

Pour Catherine Gras, contraintes et créativité ne sont pas contradictoires. Les méthodes utilisées à l’occasion des ateliers de créativité montrent que la contrainte va de pair avec l’innovation et la créativité !

Dans la préface du livre de Galilée.sp, Monique Castillo évoque ce problème : « l’innovation peut l’emporter sur l’inertie, le courage peut vaincre la peur, la relation peut triompher de l’isolement et l’estime réciproque résultera de l’échange d’évaluations si la réalisation de soi est la dynamique motrice de l’action, faisant de chaque acteur le bâtisseur d’un destin collectif » (p. 8).

Elle est bien sûr consciente que cette période de transition/mutation est parfaitement inconfortable et que l’on manque cruellement de repères. Selon elle, ce qui nous perturbe le plus actuellement, c’est qu’on pense le nouveau avec des catégories de pensée anciennes. Le besoin de créer des emplois publics est réel, mais peut-être faut-il se dire que ce ne sera plus l’Etat qui créera des emplois, mais plutôt des individus, dans une économie dématérialisée. Il est important et urgent de recréer des solidarités contre la précarité, mais il ne faut pas attendre de miracles du côté de l’Etat…

Moins de biens… Mais plus de liens…

Après Castoriadis, Monique Castillo évoque Ivan Illich pour mettre en exergue l’autonomie de l’individu, la valeur de l’acte personnel et la recréation d’alliances avec les autres, la nature, le monde. A titre d’illustration complémentaire, on trouvera ci-après deux citations emblématiques du penseur de l’écologie politique : « Nous devons d’abord bâtir une société, où l’acte personnel retrouve une valeur plus grande que la fabrication des choses et la manipulation des êtres. (Une société sans école, trad. Gérard Durand, p. 167, Éd. du Seuil, coll. Points n° 117). « Déscolariser la structure sociale et culturelle exige l’utilisation de la technologie pour rendre possible une politique de participation ». (Une société sans école, trad. Gérard Durand, op cit. p. 220).

Dans cet ordre d’idées, Monique Castillo plaide pour le passage de l’individualisme à l’individu et pour le passage d’une démocratie d’opinion à une démocratie de réflexion, des thèmes développés dans son livre « Faire renaissance, une éthique publique pour demain ».

Un participant s’étonne de la fracture existant entre privé et public. Selon lui, il faudrait travailler à mettre du « ET » là où prévaut actuellement le « OU ». Un autre fustige l’expression « ressources humaines » qui est « une abjection sémantique ». Un autre encore souhaite obtenir quelques explications sur l’origine du mot travail/tripalium.

Monique Castillo revient sur cette notion de travail  = tripalium, c’est-à-dire objet de torture.

Ce qui était vrai dans les anciennes sociétés aristocratiques où le travail  était considéré comme dégradant, ne l’est plus avec l’avènement de la modernité, au moment où le travail devient de fait une valeur.

Catherine Gras, quant à elle,  en appelle à l’action : « Pratiquons une philosophie d’action, revisitons le service public et la Fonction publique, donnons-leur la fluidité nécessaire, retrouvons la vision,  mais aussi recréons les liens dont nous avons tous besoin. Pour cela travaillons ENSEMBLE ».

Intervention de Françoise Dreyfus : « Le travail des agents : personnels et usagers du service public »

L’intervention de Françoise Dreyfus, centrée sur « Le travail des agents : personnels et usagers du service public », s’est inscrite dans une parfaite continuité des propos tenus dans la première partie de cette matinée. Professeur émérite de droit public de l’Université Paris I (Panthéon-Sorbonne) et auteur de nombreux ouvrages traitant de la fonction publique, Françoise Dreyfus a notamment publié un livre intitulé « l’invention de la bureaucratie » (Editions de la Découverte, 2000)  qui aborde les questions liées à « la remise en cause des principes régissant la fonction publique, et les réformes inspirées par les nouvelles théories du management dont elle fait l’objet » pour déterminer si celles-ci « ne sont pas de nature à porter atteinte aux exigences de la démocratie ».

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Françoise Dreyfus a tout d’abord rappelé quels étaient les éléments fondamentaux constitutifs du service public, dans sa double acception :

  • Acception matérielle : action d’intérêt général (contre les intérêts particuliers)
  • Acception organique : caractéristiques juridiques.

Jusque dans les années 80, l’action publique s’est confondue avec le service public. Les administrés/usagers bénéficiaient d’un traitement égal. Et les principes fondamentaux du service public restaient incontestés : égalité, continuité, neutralité, impartialité. Les principes étant incontestés, car la légitimité était… incontestable !

Mais dans les années 90, les remises en cause se sont multipliées tant dans le domaine des modes de gestion que dans celui du statut des personnels (rapports Blanc, Pic) ou bien encore dans les structures elles-mêmes avec la libéralisation et l’ouverture à la concurrence des services de réseaux (énergie, transports, télécommunications) sous la « pression » de l’Union européenne.

La « révolution culturelle » du service public…

Le service public est atteint du syndrome néo-libéral ce qui ne manque pas d’impacter les personnels. Dès le début des années 2000, on assiste à une double « évolution » : en termes de gestion des personnels avec l’adoption du « new public management » et en termes économiques avec la mise en place de la LOLF (Loi organique relative aux lois de finances, 2001). On ne parle plus que de maîtrise des coûts, d’objectifs, d’indicateurs de performance. La culture du résultat remplace très vite celle des moyens. La réduction des coûts tous azimuts transforment les fonctionnaires en variables d’ajustement.

Quant à la simplification administrative, elle appartient plus au registre de la rhétorique que de la réalité. Il n’est pour s’en convaincre que de penser au « mille-feuille » administratif…

De l’usager… au client…

Françoise Dreyfus distingue 3 moments-clés dans l’évolution du service public :

  • La période Rocard et son « renouveau du service public »
  • Celle de Juppé relayée par la RGPP (Révision générale des politiques publiques) de Sarkozy,
  • Enfin celle de la MAP (Modernisation de l’action publique d’Ayrault/Valls).

Dans le même temps, l’usager est devenu client.

La conception néo-libérale du service public provoque un brouillage des frontières entre sphère publique et sphère privée et attise la concurrence entre Etats : pour attirer des investisseurs, on révise le code du travail, on aménage les statuts pour les rendre moins contraignants… Tout cela aboutit à un changement de paradigme et à une remise en question de l’identité professionnelle des agents et de leurs missions.

Où est passé l’intérêt général ? A quand l’usager/CITOYEN ?

Quand l’usager devient client/consommateur, où est l’intérêt général ? il n’est plus question d’égalité de traitement mais de traitement individualisé. Les « street level bureaucrats », fonctionnaires chargés d’accueillir le public  pour les prestations sociales, les titres de séjour…sont à la peine, car dépourvus le plus souvent d’une formation appropriée…

On est plus sur de l’équité que de l’égalité. Et l’équité n’est pas l’égalité…On « apprécie », on « interprète » et ce sont souvent les agents de catégorie C qui sont chargés de ces missions « délicates ». Il y a un décalage entre formation et statut des personnels et cela a des conséquences sur les usagers. Il existe bien un pouvoir discrétionnaire, mais en fait, l’agent dispose d’une d’autonomie très relative. Le pouvoir décisionnel se situe plus haut…

Les besoins de l’usager/client sont globalement satisfaits, mais à l’aune des contraintes économiques. Les agents sont sous pression et les outils dont ils disposent sont « orientés clients » (mesure de la qualité du service/enquêtes de satisfaction. Référentiel « Marianne » depuis 2005). Les enquêtes sont menées par des entreprises privées (Ex : IFOP…)

Qui se préoccupe de la qualité de vie au travail des agents ? Des enquêtes réalisées au sein du MINEFI (Ministère de l’Economie et des Finances) révèlent que la priorité est donnée aux méthodes bureaucratiques et aux prescriptions procédurales. On accomplit la bureaucratie…. Mais quid de la qualité des services publics ? Dans le même temps, le mythe du remplacement de l’homme par des robots fait son chemin…

Françoise Dreyfus reconnaît que la réforme est difficile à mener, pas tant à cause des agents que des élus ; le « mille-feuille » administratif engendre des incohérences coûteuses.

Lorsque la fonction publique entreprend de mettre en œuvre ses prescriptions managériales, le secteur privé, lui,  est déjà passé à autre chose. Les retards en termes de méthode s’accumulent et nuisent à la modernisation et à la cohérence du service public.

Il y a donc beaucoup de pendules à remettre à l’heure ! Car si la bureaucratie a des vertus (d’après Max Weber : l’impartialité, l’égalité…), elle a aussi des limites. Pour conclure son propos, Françoise Dreyfus cite un article de Danielle Guillemot et Gilles Jeannot paru dans la Revue française de sociologie intitulé  « modernisation et bureaucratie » n° 384, 2013, dans lequel on découvre que « l ‘appropriation des méthodes de gestion issues du privé se traduit ainsi moins par un affaiblissement que par un plus net accomplissement de la bureaucratie ». On est alors loin de l’humanisation de l’administration et de l’épanouissement des fonctionnaires dans leurs missions !

Paul-Hubert des Mesnards : La créativité et le laboratoire incubateur d’idées de Galilée.sp

L’une des solutions envisagées par Galilée.sp pour remettre l’homme au centre de son histoire et de son destin collectif consiste à organiser des ateliers de créativité. Pour la dernière partie de cette matinée, Paul-Hubert des Mesnards, « ingénieur et pianiste », mais aussi ancien directeur du cabinet de consultants « CREARGIE » a proposé une « mise en appétit » avec la créativité pour les participants de ce « Phil’o boulot » en les invitant à rejoindre les animateurs et animatrices du « L.I.I. » (Laboratoire incubateur d’idées) après la pause déjeuner pour se familiariser avec les méthodes liées à la créativité collective.

L’enfant, le poète et le fou…

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Après avoir surpris le public de « Phil’o boulot » en se mettant au piano pour interpréter Rêverie, de Robert SCHUMANN, Paul-Hubert des Mesnards nous a invités à faire la connaissance de l’enfant, du poète et du fou, pour montrer comment ces 3 personnages forment le socle du travail en créativité. Sans surprise, pas de créativité, mais sans contraintes, pas de créativité non plus ! « Rigueur et fantaisie, cadre et foisonnement, c’est cela la créativité » (sic).

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Selon P.H. des Mesnards, « pour stimuler la créativité, en plus de la surprise et du changement de cadre, il faut donc laisser s’exprimer l’Enfant, le Poète et le Fou ».  Néanmoins, il ne faut pas négliger « le quatrième personnage qui est en nous: un vrai petit dictateur : le logicien. Héritier de Descartes, il a des parrains illustres: l’école, la culture, la société, l’expertise, le savoir, la raison, et tous les systèmes d’évaluation qui nous environnent. Ils lui ont appris à juger, à évaluer, à distinguer le vrai du faux, le bon du mauvais, l’intelligent du ridicule, dans une logique binaire de oui OU non. Mais, trop présent, il tue la créativité ». Il faudra donc nous entraîner à vaincre nos ennemis, qui sont en nous.  Pour cela, tout est affaire de dosage et surtout de méthode !

II s’agira de développer la bienveillance, l’ouverture, l’écoute, l’énergie, et plus encore, la confiance…pour devenir des « Mozart de la créativité » en suivant, comme le célèbre musicien, un processus qui se déroule en 3 phases : Imprégnation, Illumination, Cristallisation.

Enfin, dernier conseil sous forme d’injonction à l’adresse des volontaires désireux de participer à l’atelier de créativité de l’après-midi : « Osez l’imperfection ! ».  Après la « Rêverie » de Schumann et « The easy winners » de Scott JOPLIN, Paul-Hubert des Mesnards a laissé la place à Anne-Marie Perret, membre de Galilée.sp, auteur, compositeur et interprète amateur,  pour interpréter « La chanson de Galilée.sp » dont on trouvera les paroles ci-dessous.

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Anne-Marie Perret : Une chanson pour Galilée.sp

Nous voici désormais dans un monde en mutation
Entre époques révolues et d’autres en gestation
Le service public est remis en question
Et tangue, et tangue au gré des restructurations

 

Aller quoi qu’il en coûte vers les 3%
Et pour cela la sueur, les larmes et …  le sang
Partout  le mal-être s’est installé
Dépressions, burn-out, suicides ont explosé
Les agents sont dev’nus des variables d’ajustement
On parle d’économies, mais jamais d’investissements

 

Où était donc passé le point d’indice
Qu’on n’avait plus revu depuis l’an 2010 ?
Les fonctionnaires sont à la peine
Et leurs salaires sont à la traîne
Il devient plus qu’urgent de changer de pratiques
Pour redorer le blason de nos services publics
C’est sûr qu’on peut faire autrement
Puisque le changement… c’est maintenant !
Parlons de  créativité
Comme le suggère Galilée

 

Laisser la place à l’enfant, le poète et le fou
Un zeste de coaching, et voilà un atout !
Pour redémarrer du bon pied
Avec confiance et volonté
Nous allons faire travailler notre imagination
Et puiser à la source de notre inspiration
La philosophie aide à la réflexion
Il restera alors à passer à l’action
Pour que le monde tourne rond !
Pour que le monde tourne rond !
Pour que le monde tourne rond !
Pour que le monde tourne rond !

– :- :- :- :- :- :-

RECTIFICATIF :

Le prochain « Phil’o boulot » se déroulera le JEUDI 27  OCTOBRE

(et non le MERCREDI 15 JUIN comme annoncé précédemment) .

Le thème retenu ?  Travail et salaire(s).

Nous vous attendons nombreux… et catifs !

idées en abondance

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