Pourquoi une UPR Numérique ?

Le numérique progresse dans l’administration via l’action de multiples organisations notamment le SGMAP Les citoyens s’en rendent compte avec l’accès à l’information ou les déclarations en ligne.

La @administration progresse sous la pression d’un marketing mondial d’offre de services (@santé, @éducation, smart city, …) à l’initiative de puissants groupes américains (Intel, Cisco, IBM, Accenture…). Elle est relayée par des sociétés privées locales qui cherchent aussi des vecteurs de croissance.

La population adopte massivement des nouveaux usages numériques (sms, courriels, réseaux sociaux, téléchargement de musique, actualités en ligne, recherche d’emplois,…).

Mais la révolution numérique suscite des réticences très fortes et pas toujours exprimées au sein de l’Etat.

Les décideurs publics, nés avant la révolution numérique, ne se sont pas risqués à engager la reconfiguration des services publics par le langage numérique.

Ce décalage des élites administratives porte des conséquences sur les prestations offertes aux citoyens :

  • la « digitalisation » des services publics reste expérimentale ou partielle.
  • la capacité à utiliser le numérique pour lutter contre les inégalités est sous estimée,
  • le développement peut déboucher sur des interfaces déshumanisées,
  • les risques liés à la surveillance généralisée des individus connectés et à l’exploitation illégale des données personnelles augmentent considérablement.

Pour métamorphoser l’Etat et les fonctions publiques à l’heure numérique, Galilée.sp propose le cheminement suivant.

A l ’automne 2014, Galilée.sp propose trois thématiques couvertes par trois rencontres :

  1. Le numérique-grand public, technologie profane !

L’héritage des Lumières, de la Révolution, de la modernisation de la France depuis 2 siècles a sacralisé dans l’esprit français, et notamment dans la fonction publique, des idées et des représentations.Le numérique apparait profane.

Même si les cours gratuits en ligne, les forums santé ou de consommateurs, la monnaie virtuelle, l’auto-partage, n’en sont qu’à leurs débuts, le numérique désacralise la fonction protectrice et centrale de l’Etat. En conséquence, il déstabilise les fonctions publiques.

La diffusion de la connaissance et la création d’un pouvoir collectif via 7 milliards de smart-phone dépassent les voies classiques de l’éducation, des politiques culturelles ou des élections dans les Etats démocratiques.

Par construction, le sacré ne relève pas du débat, il transforme mais n’est pas transformé. C’est pourquoi il est difficile en France d’appréhender de manière pro-active les effets du numérique sur l’emploi, sur les politiques publiques, sur le périmètre de l’Etat, sur les fonctions publiques.

Galilée.sp se propose d’inviter un ethnologue, Philippe Descola, et un philosophe, Bernard Stiegler, à réfléchir sur « le sacré républicain et le profane numérique »

L’objectif d’une réflexion sur le numérique profane est de lever un obstacle à l’adoption du numérique dans notre société et dans l’Etat. Il est d’aborder sans tabou la réinvention de l’Etat et de l’action publique. Il est de mettre en avant le projet de société et sa compatibilité avec la promesse « d’empowerment » des grands acteurs privés de l’internet.

  1. Comment le monde devient-il digital ?

De plus en plus entreprises se réinventent avec la digitalisation. De grandes entreprises se sont digitalisées avec succès : les constructeurs automobiles ont placé dans leurs technocentres le cœur du processus créatif, industriel et marketing. La SNCF a réussi sa digitalisation avec sncf.com. Le groupe Casino a réussi Cdiscount quand aucun autre ne réalise autant de chiffres d’affaires en ligne.

Souvent, les grandes entreprises ne voient pas venir le danger. La Redoute et les Trois suisses n’ont pas vu Amazon. Sony et Kodak n’ont pas vu Apple. Particulier à Particulier n’a pas vu Se loger.com . Les banques n’ont pas vu Paypal. Nouvelles Frontières n’a pas vu Expédia. Accor n’a pas vu Brooking.com. Aucun restaurateur n’a vu la fourchette.com.

Google Maps dépasse l’IGN. Youtube surclasse le site de l’INA. Google rivalise avec Bison futé. Les pages Facebook informent la police. Pourquoi financer une université moyenne à Melun s’il devient possible de suivre des cours à Harvard en ligne ? Les plates-formes numériques comme Monster, Viadéo ou Linkedin ne sont-elles pas plus efficientes que le site de Pôle emploi ?

Dans le secteur public, aussi, il faut offrir « la meilleure expérience utilisateur » en quelques clics.

Faudra – t-il demain autant d’agents des impôts, si une part grandissante des transactions (revenus et dépenses) sont en ligne et laissent des traces ?

Pourquoi ne pas organiser la concertation publique avec une application en ligne ?

Dans la santé, le numérique invite à définir la complémentarité ou la coopération entre les machines, les professionnels de santé et les patients, à partir des données personnelles. L’éducation nationale et la formation permanente sont les champs de digitalisation par excellence.

Galilée.sp propose d’inviter des acteurs de la digitalisation de grandes et petites organisations privées ou publiques pour ouvrir les yeux, débattre et imaginer le service public de demain.

Les députés CorinneEhrel et Laure de La Raudière pourraient par exemple venir présenter leur étude sur le développement de l’économie numérique française dans lequel elle anticipe les révolutions dans la santé, l’éducation et les transports. Il s’agit du premier rapport parlementaire, depuis l’arrivée d’internet, analysant les causes, les mécanismes, les effets de la réalité de la révolution numérique.

  1. Comment le numérique peut-il rendre la France plus égale et plus fraternelle ?

Comment le numérique peut-il être adopté au service de la lutte contre les inégalités et au service d’un modèle social tourné vers la fraternité et l’élévation des individus et du groupe ? Comment organiser la complémentarité entre les hommes et les automates dans les services publics ?

Les idées, les opportunités et les projets ne manquent pas : Le soutien scolaire peut-il faire appel à des tutoriels en ligne élaborés à partir des difficultés cognitives identifiées par l’analyse des réponses en ligne des élèves en difficulté ?

L’accès à la formation professionnelle peut-il mieux viser les actifs non qualifiés dès lors qu’elle serait plus massivement en ligne ?

La « ville intelligente » peut-elle contribuer à la lutte contre les inégalités ?

La meilleure gestion numérique de l’énergie dans les habitations mal isolées peut- elle cibler les populations à faibles ressources ?

Ce serait le sujet de la troisième rencontre de l’UPR Numérique de Galilée.sp.

Ces trois rencontres seraient animées par Anne-Marie Courage et Pascal Perez et feraient l’objet d’une vidéo de synthèse de 3 minutes, accessible sur le nouveau site de Galilée.sp.

L’UPR Numérique organise le premier forum de mobilité durable – ingénierie des déplacements économes et innovants au Palais du Luxembourg le 3 juillet 2014.

Le nouvel UPR numérique et l’UPR Redressement Productif vous invitent à percevoir la différenciation entre les métropoles, qui découlent des offres innovantes de mobilité, à l’heure numérique et la créativité du Made in France.

Industrie de transport et politique routière, ferroviaire, de transports publics pèsent de l’ordre de 10 à 15% du PIB, de l’emploi total et de la dépense des ménages. Les difficultés de transport pénalisent chaque jour les plus fragiles. L’innovation numérique est une promesse de révolution dans les transports. Déjà, les sites de covoiturage déplaceraient chaque jour l’équivalent de 11 rames TGV entre Paris et Lyon. Un prototype de voiture sans chauffeur a déjà parcouru 1 million de km sans accident. Le stationnement intelligent réduit le temps de recherche de places libres à Nice.

La captation, l’analyse et la diffusion des données numériques sont au cœur d’une politique de mobilité. Les métiers de la voirie, du stationnement, de l’aménagement, des transports publics et privés, de l’animation des centres villes se réinventent.

Le « premier forum de mobilité du durable » du Palais du Luxembourg permettra, en une matinée, le jeudi 3 juillet 2014, de réunir les pionniers publics (Lyon, Nice, Mulhouse,…) et privés (Autolib, Egis,…) de la mobilité durable.

Il permettra d’identifier les enjeux et les solutions prioritaires pour les collectivités locales, notamment le stationnement intelligent. Les modalités de collaboration public/privé pour la mise en œuvre de solutions innovantes seront exposées et discutées.

Galileesp accueille volontiers les témoignages, les contributions écrites. Les membres de Galilee.sp sont invités à s’inscrire à la matinée du 3 juillet 2014 sur la page suivante :

http://formuleseconomiqueslocales.com/blog/forummobilite/

Ils peuvent poser toute question à Pascal Perez : formules2@orange.fr

Composition de l’UPR

Présidence : Anne-Marie Courage

Membres : Jean-Claude Delgènes, Sylvette Dionisi, Yannick Girault, Jean-Marc Hamon, Abraham Hamzawi, Sandrine Mariotta, Lionel Ploquin

Rapporteur spécial : Pascal Perez